Passer au contenu principal Passer à la recherche Passer à la navigation principale
Guide

Quel motif de kakemono convient à quelle pièce et à quelle saison ?

Au Japon, un rouleau suspendu n'est pas accroché en permanence, il est changé. Quel motif convient à quel moment - et quelle pièce supporte quelle ambiance.
Branche de fleurs de prunier peinte à la main sur un rouleau suspendu japonais, fleurs roses et violettes avec bourgeons rouges sur papier washi clair
En bref
Un kakemono (rouleau suspendu japonais) est traditionnellement choisi en fonction de la saison et remplacé après quelques semaines par un autre. La convention veut que l'on associe fleurs de prunier et de cerisier, saule et oiseaux chanteurs au printemps, cascades, iris et hortensias à l'été, feuillage d'érable, chrysanthèmes et pleine lune à l'automne, paysage enneigé et pin à l'hiver, grue et Fuji-San au changement d'année. La calligraphie zen, l'enso et les paysages à l'encre sans marqueur saisonnier net conviennent toute l'année et constituent le choix sûr lorsque l'on ne dispose que d'un seul rouleau suspendu. La pièce entre également en compte : les motifs apaisants trouvent leur place dans la chambre, les motifs expressifs dans le couloir et le séjour.

Dans un foyer japonais, un rouleau suspendu reste rarement accroché plus de quelques semaines. Puis il est de nouveau enroulé, retourne dans sa boîte en bois, et un autre prend sa place – un rouleau qui s'accorde au temps qu'il fait dehors, au mois, parfois à la visite que l'on attend. C'est cette habitude qui explique qu'il existe autant de groupes de motifs. Le Kakejiku (掛軸), le rouleau suspendu, est moins un ornement mural qu'un calendrier : une surface sur laquelle l'année se rend visible. Nul besoin pour cela d'un tokonoma ni d'une grande collection. Deux ou trois rouleaux suffisent pour faire traverser les saisons à un mur. Seule se pose la question de savoir quel motif déploie son effet, quand, et dans quelle pièce.

Pourquoi l'on change de rouleau suspendu au lieu de le laisser accroché en permanence

Un tableau encadré est accroché et le reste. Un kakemono (掛物) est, de par sa construction même, conçu pour le changement : il se décroche, s'enroule et se range à plat en quelques secondes, et le rangement classique dans une boîte en bois de paulownia ne prend presque pas de place. Qui possède trois rouleaux suspendus les a rangés dans une seule étagère – trois tableaux encadrés de cette taille poseraient un problème de rangement.

Le changement n'est pas seulement une question pratique, il constitue le véritable sens de la chose. Une ancienne triade, reprise sans cesse aussi bien dans la poésie que dans la peinture, résume de quoi il s'agit : Setsugekka (雪月花) – neige, lune et fleur, c'est-à-dire l'hiver, l'automne et le printemps en trois caractères. Un motif que l'on ne voit que quelques semaines par an conserve toute sa force d'attention. Un tableau accroché depuis cinq ans au même endroit, on finit par ne plus le remarquer. C'est précisément cet effet que la pratique japonaise permet d'éviter.

Printemps : la floraison du prunier précède celle du cerisier

Le printemps commence au mur plus tôt qu'à l'extérieur. Le premier signe avant-coureur est traditionnellement la fleur de prunier, Ume (梅), qui s'épanouit au Japon dès février, alors qu'il fait encore froid et que la neige recouvre encore certains endroits. C'est précisément là que réside sa signification : elle fleurit sur le bois nu et sombre, sans une seule feuille, et symbolise ainsi autant la constance que le commencement. Une branche d'Ume avec un Uguisu (bouscarle du Japon) est l'une des associations les plus anciennes de la peinture japonaise.

Ce n'est qu'ensuite que vient la fleur de cerisier, Sakura (桜), généralement pour les semaines de fin mars et d'avril. C'est le motif plus pur, plus festif – des branches pleines et retombantes, souvent accompagnées de personnages en dessous. S'y ajoutent le saule qui bourgeonne fraîchement, les moineaux et les rossignols dans les branches, ainsi que les glycines en mai. Celui qui ne souhaite qu'une seule image de printemps prend généralement l'Ume : elle tient plus longtemps, car elle couvre la période du Nouvel An jusqu'en mars.

Été : des motifs qui apportent la fraîcheur dans la pièce

L'été japonais est lourd et humide, et le choix des motifs y répond avec une logique remarquablement conséquente : on montre ce qui paraît frais. Les cascades comptent ainsi parmi les motifs classiques de l'été, de même que les paysages fluviaux, les ayu dans le courant, les barques sur la rive et les cormorans – ces derniers avec la connotation de l'ukai, la pêche au cormoran estivale à la lueur des torches. De simples étendues d'eau produisent elles aussi cet effet.

Du côté des plantes, ce sont l'iris et l'hortensia qui marquent l'été. L'ayame et le kakitsubata, les deux espèces d'iris, sont considérés comme des motifs du début de l'été et sont étroitement liés au cinquième mois ; l'hortensia (ajisai) appartient à la saison des pluies, le tsuyu, et est souvent peint dans un bleu humide et sourd. S'y ajoutent les petits animaux : libellules, sauterelles, scarabées rhinocéros, une hirondelle en piqué. Dans un intérieur européen, cet ensemble fonctionne tout aussi bien – une peinture de cascade sur un mur exposé au sud au mois d'août est étonnamment efficace contre la sensation de chaleur.

Automne : érable, chrysanthème et pleine lune

Dans la tradition picturale japonaise, l'automne est la saison la plus dense. Le motif dominant est le Momiji (紅葉), le feuillage d'érable rougi, souvent associé à l'eau courante – des feuilles rouges sur un courant sombre forment une idée picturale reprise depuis des siècles. Vient ensuite le chrysanthème, Kiku (菊), la fleur du neuvième mois et en même temps l'emblème impérial ; il est considéré comme la plus noble des floraisons automnales.

Font également partie de l'automne les herbes d'automne, ces touffes légères de pampa Susuki, de lespedeza et de campanules. La pleine lune est traditionnellement représentée en lien avec la contemplation de la lune, Tsukimi, souvent comme un simple cercle clair derrière de fins nuages. S'y ajoutent le cerf bramant et les oies sauvages migratrices, disposées en formation en V devant le disque lunaire. Qui souhaite habiller un mur pour octobre et novembre trouve ici le plus grand choix – et l'ambiance chromatique qui convient le mieux à une pièce baignée d'une lumière chaude du soir.

Hiver : neige, pin et les trois amis de l'hiver

Les peintures d'hiver sont les plus silencieuses. Typique est le paysage enneigé aux gris rompus, où la neige n'est pas peinte mais réservée sous forme de papier laissé vierge – la surface blanche, c'est la neige. Les corbeaux dans la neige, points sombres sur fond vide, comptent parmi les motifs les plus expressifs de ce groupe ; un seul oiseau posé sur une branche enneigée suffit à porter tout un mur.

Le feuillage persistant est le deuxième grand thème hivernal. Le pin, Matsu (松), symbolise l'endurance et la longévité, et constitue de ce fait aussi un motif du Nouvel An. Avec le bambou et le prunier, il forme le groupe Shōchikubai (松竹梅), rendu en allemand le plus souvent par « les trois amis de l'hiver » : le pin reste vert, le bambou plie sous le poids de la neige sans se rompre, le prunier fleurit dans le froid. Cette triade symbolise la constance et passe pour porter bonheur – un motif que l'on peut laisser accroché de décembre à février.

Nouvel An et occasions particulières : la grue, le Fuji-San et Daruma

Au moment du passage à la nouvelle année, on accroche au Japon un rouleau choisi avec un soin particulier pour l'occasion. La grue et la tortue, Tsuru et Kame, forment le couple classique symbolisant la longévité – on prête proverbialement mille ans à la grue et dix mille ans à la tortue. Tout aussi fréquents sont le Fuji-San avec le soleil levant, qui fait allusion au Hatsuhinode, le premier lever de soleil de l'année, ainsi que les sept dieux du bonheur, parmi lesquels Jurōjin et Hotei apparaissent le plus souvent seuls.

Il existe par ailleurs des motifs pour des jours précis. Pour la fête des filles, le 3 mars, on montre des poupées Hina ; pour la fête des garçons, le 5 mai, la carpe qui remonte le courant. Daruma, la figure à l'encre de Bodhidharma, est considérée comme une image de la détermination et se plaît à être accrochée pour marquer de nouveaux départs, sans être liée à un mois précis. De tels motifs d'occasion constituent une bonne deuxième ou troisième acquisition : on ne les montre que quelques jours, et c'est précisément pour cela qu'ils conservent leur effet.

Des motifs qui se portent toute l'année

Tous les rouleaux suspendus ne sont pas liés à une saison, et celui qui n'en possède qu'un seul choisit judicieusement dans ce groupe. La calligraphie zen est la candidate évidente : une inscription telle que « Chaque jour est un bon jour » ou un caractère unique pour le silence, le nuage ou la joie convient aussi bien en janvier qu'en juillet. Celui qui souhaite acheter une calligraphie japonaise obtient du même coup le motif qui paraît le moins étranger dans un intérieur moderne : l'encre noire sur papier clair s'accorde avec presque toutes les couleurs de mur.

Sont également valables toute l'année l'enso, le cercle peint d'un seul trait, et les paysages à l'encre dans le style du sansui, pour autant qu'ils ne portent pas de marqueurs saisonniers évidents : pas de feuillage rouge, pas de fleurs, pas de neige. Brume, rocher, eau et quelques maisons à flanc de coteau conviennent toujours. Il en va de même pour le bambou, les dragons et les représentations de Bodhidharma. Pour savoir si un motif est perçu comme saisonnier, un test simple suffit : si une plante précise ou un temps précis occupe le premier plan, il s'agit d'une image de saison.

Quel motif convient à quelle pièce ?

L'entrée est le lieu de la première impression et supporte un motif au propos clair : pin, grue, Fuji-San ou une calligraphie tracée avec ampleur. Comme on s'y tient debout plutôt qu'assis et qu'on n'y jette le plus souvent qu'un regard de passage, les motifs aux détails minutieux y fonctionnent mal – ils demandent du temps, dont personne ne dispose dans un couloir. Dans le séjour et la salle à manger, c'est l'inverse : on y est assis, on y parle, et une image aux détails narratifs devient sujet de conversation.

Pour la chambre à coucher, on choisit des motifs paisibles – lune, brume, une branche isolée, un paysage en quelques tons de gris ; les dragons et les chutes d'eau spectaculaires n'y ont plutôt pas leur place. Dans le bureau, la calligraphie est le choix qui s'impose, car elle favorise la concentration sans distraire. Et dans le salon de thé prévaut de toute façon la convention la plus stricte : on y suspend en règle générale une calligraphie zen d'un moine, qui donne le ton de la réunion et que l'on contemple en premier, avant le thé.

Hauteur du mur, axe de vue et lumière : ce que la pièce impose

Avant de choisir un motif, mesurez le mur. Un kakemono classique mesure souvent, montage compris, entre 170 et 200 centimètres de long ; sous un plafond de 2,40 mètres, la marge de manœuvre reste donc faible, et le tableau ne doit ni toucher le sol ni commencer juste sous le plafond. Des formats plus courts, autour de 130 à 150 centimètres, s'intègrent souvent mieux dans les appartements européens. En cas de doute, demandez la longueur totale, et non la seule dimension de la peinture.

L'axe de vue est tout aussi important : réfléchissez à l'endroit d'où vous regarderez le plus souvent le tableau – depuis le canapé, la table à manger, le bureau – et réglez la hauteur en conséquence. Le soleil direct est à exclure, mais un coin très sombre ne convient pas non plus à une peinture sur soie délicate, car les nuances de couleur disparaissent. Enfin, le montage : le brocart de soie qui entoure la peinture est coloré et joue un rôle plus important qu'on ne l'imagine. Un bord vert olive ou beige doré s'harmonise mieux dans une pièce meublée dans des tons chauds qu'un gris-bleu froid.

Constituer une rotation avec deux ou trois rouleaux suspendus

Le point de départ le plus judicieux pour la rotation, ce sont deux rouleaux suspendus aussi éloignés que possible l'un de l'autre : l'un au caractère printanier ou estival, clair, l'autre au caractère automnal ou hivernal, plus sombre. Vous partagez ainsi l'année en deux et obtenez l'effet recherché — le second rouleau suspendu paraît neuf au moment de l'accrocher, puisqu'on ne l'a pas vu depuis six mois. Un troisième motif, valable toute l'année, en fait un rythme confortable : qui souhaite acheter une calligraphie Enso dispose ainsi du rouleau suspendu pour les périodes de transition et pour toutes les semaines où aucune saison ne s'impose vraiment.

Trois à quatre semaines d'affilée constituent une durée d'exposition raisonnable, après quoi le rouleau suspendu retourne dans sa boîte. Notez brièvement, au moment de le ranger, la date de la dernière présentation — au bout de deux ans, plus personne ne s'en souvient. Décrocher, enrouler et raccrocher ne prend en tout pas cinq minutes, et c'est la manière la plus agréable de marquer le début d'une saison.

Convention, pas règlement

Pour tout ce qui est dit ici, une réserve s'impose : ces correspondances sont une convention qui s'est constituée avec le temps, pas un catalogue de prescriptions. Elles proviennent de la tradition picturale, de la poésie et de la culture du thé, où l'adéquation saisonnière est effectivement observée avec rigueur – dans la salle de thé, une peinture de fleurs de cerisier en octobre serait une erreur manifeste. En dehors de ce cadre, cela ne vaut pas. Dans les foyers japonais, on accroche volontiers selon son goût.

Il faut ajouter que certains motifs ne se laissent pas classer de façon univoque. La fleur de prunier appartient à la fois à la fin de l'hiver et au début du printemps, la grue est à la fois motif du Nouvel An et image de mariage, une cascade fonctionne le mieux en été, mais ne paraît pas déplacée en janvier. Prenez donc ces correspondances pour ce qu'elles sont : une aide au choix et une raison de changer plus souvent. Si un motif vous plaît, le calendrier est le plus faible des contre-arguments.

Une branche qui fleurit quelques semaines avant le jardin

Il y a un moment qu'il faut connaître avant de choisir son premier rouleau suspendu saisonnier : fin février, dehors il fait encore gris, et sur le mur s'ouvre une branche de prunier – fleurs rose pâle et minuscules boutons rouges sur un washi clair, peints avec une retenue qui ne veut rien expliquer. Le tableau a six semaines d'avance sur le jardin, et on le remarque chaque fois.

Chez densho.art, vous trouverez des kakemono peints à la main en pièces uniques, que nous achetons personnellement au Japon – classés par saisons, de la branche d'Ume à la cascade et au feuillage d'érable, jusqu'au paysage enneigé, ainsi que la calligraphie zen et l'Enso pour les semaines entre les deux. Commencez par deux motifs bien éloignés l'un de l'autre. Le reste se met en place dès que vous aurez changé une première fois.

En lien avec le thème : nos œuvres uniques de la catégorie Peinture japonaise

Voir maintenant